PCH : à qui s'adresse-t-elle et quelles sont les conditions ?
Les conditions d'éligibilité à la PCH
La prestation de compensation du handicap est plus accessible qu'on ne le pense. La MDPH (maison départementale des personnes handicapées) vérifie 3 critères.
Une condition est liée au handicap. Votre proche doit présenter :
- Soit une limitation absolue pour réaliser une activité essentielle du quotidien (impossible de se laver seul, par exemple),
- Soit des difficultés graves pour au moins 2 activités parmi une liste de 19 activités (comme se lever, marcher, s'habiller, manger, communiquer…).
C'est l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH qui évalue la situation.
Une condition liée à l'âge : la demande doit être déposée avant 60 ans en principe. Après 60 ans, elle reste possible si le handicap répondait déjà aux critères avant cet âge ou si la personne exerce encore une activité professionnelle.
Dans les autres cas, c'est l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) qui prend le relais.
Une condition liée à la résidence. Le bénéficiaire doit résider en France de manière stable et régulière.
Il n’y a pas de condition de ressources pour obtenir la PCH. En revanche, le taux de prise en charge varie selon les revenus du patrimoine :
- Ressources annuelles ≤ 31 718,30 € → prise en charge à 100 %
- Ressources annuelles > 31 718,30 € → prise en charge à 80 %
Seuls les revenus du patrimoine sont pris en compte. Les revenus d'activité professionnelle (les vôtres comme ceux de votre proche) sont exclus du calcul.
En résumé, si le handicap de votre proche impacte sa vie quotidienne, n'hésitez pas à déposer une demande. Pour faire une demande de PCH, il vous faudra constituer un dossier MDPH.

PCH adulte, PCH enfant, PCH parentalité : les différentes formes
La PCH ne se limite pas au handicap moteur chez l'adulte. Elle couvre un éventail de situations bien plus large que ce qu'on imagine.
- La PCH adulte est la forme la plus connue. Elle s'adresse aux personnes de 20 à 60 ans (ou au-delà, sous conditions).
- La PCH enfant concerne les moins de 20 ans. Elle est accessible dès lors que l'enfant ouvre droit à l'AEEH (allocation d'éducation de l'enfant handicapé) et à un complément.
- La PCH parentalité, créée en 2021, permet de financer une aide humaine ou technique pour les parents en situation de handicap dans les soins et l'accompagnement de leur enfant (de la naissance jusqu'à 7 ans).La PCH soutien à l'autonomie
- La PCH soutien à l'autonomie s'adresse aux personnes présentant des troubles cognitifs, psychiques ou du neurodéveloppement. Elle finance un accompagnement pour les aider à organiser leur quotidien, gérer le stress ou accomplir des tâches courantes.
Enfin, des forfaits sensoriels existent pour les personnes atteintes de surdité (30 h/mois), de cécité (50 h/mois) ou de surdicécité (30 à 80 h/mois).
La durée d'attribution varie de 1 à 10 ans selon les volets et peut être accordée à vie si les difficultés ne sont pas susceptibles d'évoluer favorablement.
Les 5 volets de la PCH : ce qu'elle finance concrètement
L'aide humaine : le volet le plus important (et celui qui concerne l'aidant)
C'est le cœur de la PCH, environ 90 % des bénéficiaires utilisent ce volet. L'aide humaine PCH finance l'accompagnement pour les actes essentiels du quotidien (toilette, habillage, repas, déplacements), la surveillance régulière et le soutien à l'autonomie.
Depuis 2021, la préparation des repas et la vaisselle sont incluses dans l'aide à l'alimentation, c’est une extension bienvenue pour de nombreux aidants.
Le volume horaire maximal peut atteindre 9h05 par jour (soit 272,5 h/mois) pour les situations les plus lourdes.
Trois modalités de réalisation existent avec des tarifs différents pour chacune :
- Service prestataire (organisme d'aide à domicile) : 25 €/h
- Emploi direct (la personne handicapée emploie un salarié, y compris un aidant familial) : 16,21 €/h brut
- Dédommagement de l'aidant familial (pas de contrat de travail) : 4,85 €/h si l'aidant maintient son activité professionnelle ou 7,28 €/h s'il a cessé ou réduit son activité (dans la limite du plafond PCH mensuel).
Concrètement, si la CDAPH accorde 5 heures d'aide humaine par jour à votre proche et que vous êtes l'aidant familial dédommagé ayant réduit votre activité, le dédommagement sera d’environ 1 092 € par mois (5 h × 7,28 € × 30 jours).
L'aide humaine est l'un des rares dispositifs qui reconnaît financièrement votre aide quotidienne.
Les aides techniques, l'aménagement du logement et du véhicule
Au-delà de l'aide humaine, la PCH finance des équipements et des adaptations matérielles, l’aménagement du logement et du véhicule, essentiels au quotidien.
- Les aides techniques couvrent le matériel compensant le handicap : fauteuil roulant, prothèses auditives, logiciels de communication, barres d'appui… Le plafond est fixé à 13 200 € par période de 10 ans.
- L'aménagement du logement permet de financer des travaux d'adaptation : douche à l'italienne, rampe d'accès, élargissement de portes, monte-escalier… Le plafond atteint 10 000 € par période de 10 ans.
- L'aménagement du véhicule et les surcoûts de transport couvrent l'adaptation du poste de conduite ou les frais de trajets réguliers liés au handicap. Le plafond est de 5 000 € par période de 5 ans.
Pensez à demander tous les volets pertinents lors de votre demande. Beaucoup d'aidants se concentrent uniquement sur l'aide humaine et passent à côté de financements complémentaires.
Les charges spécifiques, exceptionnelles et l'aide animalière
Certains volets de la PCH restent largement méconnus, alors qu'ils peuvent faire une vraie différence.
Ces volets « secondaires » sont souvent oubliés dans les dossiers. Si votre situation le justifie, cochez-les dans votre demande MDPH, chaque euro compte.
PCH et aidant familial : dédommagement ou salariat ?

C'est la question centrale pour beaucoup d'aidants : comment être reconnu financièrement pour l'aide que vous apportez ? La PCH offre deux options distinctes, avec des conséquences très différentes.
Option 1 : Le dédommagement de l'aidant familial
C'est la voie la plus courante. L'aidant familial apporte une aide régulière sans contrat de travail. Il perçoit un dédommagement (et non une rémunération) pour les heures identifiées dans le plan de compensation.
Ainsi, le conjoint, concubin, partenaire de PACS, ascendant, descendant, collatéral jusqu'au 4e degré ou toute personne entretenant un lien étroit et stable avec le bénéficiaire peut être dédommagé.
En 2026, les tarifs horaires du dédommagement PCH s’élèvent à :
- Les charges spécifiques couvrent les dépenses permanentes et prévisibles liées au handicap, non prises en charge par les autres volets comme l’entretien du matériel médical, les protections pour incontinence, les abonnements spécialisés… Le plafond est de 3 960 € par période de 3 ans.Les charges exceptionnelles
- Les charges exceptionnelles concernent les dépenses ponctuelles telles que les réparations de matériel ou les frais liés à un événement particulier. Le plafond est de 3 000 € par période de 5 ans.L'aide animalière
- L'aide animalière finance l'acquisition et l'entretien d'un animal d'assistance (chien guide, chien d'assistance).
- 4,85 €/h si vous maintenez votre activité professionnelle
- 7,28 €/h si vous avez cessé ou réduit votre activité
Le dédommagement de l’aidant est soumis à des plafonds mensuels. Le montant maximum du dédommagement PCH pour l’aidant familial s’élève à :
- 1 251,30 €/mois dans le cas de l’aidant qui conserve son activité
- 1 508,40 €/mois pour l’aidant ayant cessé ou réduit son activité
Depuis le 1er janvier 2020, le dédommagement PCH n'est plus imposable pour l’aidant familial et n'est plus soumis à la CSG/CRDS. Il reste toutefois à déclarer pour le calcul du revenu fiscal de référence.
Le dédommagement a donc l’avantage de la simplicité (en n’ayant pas les contraintes du contrat de travail) et offre une souplesse d’organisation tout en bénéficiant d’une exonération fiscale totale. Mais les montants sont faibles pour l’aidant comparé à un salaire et le dédommagement n’ouvre pas de droit au chômage et offre une couverture retraite très limitée.
Option 2 : Être salarié de son proche via la PCH
L'option du salariat est plus avantageuse financièrement, mais plus encadrée. La personne handicapée emploie son aidant avec un contrat de travail. La PCH finance l’aidant familial avec ce salaire.
Tout aidant familial peut être salarié sauf le conjoint, concubin ou partenaire de PACS (en cas de handicap très lourd nécessitant une aide totale et une surveillance constante, cette exception peut être levée).
Pour être salarié, l’aidant ne doit pas être retraité et doit avoir cessé ou réduit son activité professionnelle.
La rémunération en emploi direct est de 16,21 € brut. Soit un montant nettement supérieur au dédommagement et accorde des droits sociaux complets (retraite, chômage, maladie, congés payés).
Toutefois, la personne aidée est soumise aux obligations d'employeur (contrat, déclarations URSSAF même si elles sont simplifiées via le CESU). En pratique, l’option du salariat est difficilement cumulable avec un emploi à temps plein.
Comment choisir entre dédommagement et salariat ?
Il n'existe pas de réponse universelle. Le bon choix dépend de plusieurs critères propres à votre situation :
- Votre lien avec le proche : si vous êtes conjoint ou partenaire de PACS, seul le dédommagement est possible (sauf handicap très lourd). Pour tout autre lien familial, les deux options sont ouvertes.
- Votre situation professionnelle : si vous maintenez une activité, le dédommagement est plus simple à combiner. Si vous cessez votre activité, le salariat protège mieux vos droits et notamment votre retraite. L'enjeu retraite est d'ailleurs à mettre en regard avec l'assurance vieillesse des aidants, un dispositif complémentaire qui permet de valider des trimestres.
- Votre besoin financier : le salariat rapporte 2 à 3 fois plus que le dédommagement, mais implique des charges patronales pour votre proche.
- Votre besoin de simplicité : le dédommagement est administrativement plus léger. Le salariat nécessite un contrat et des déclarations, même si le CESU simplifie considérablement la gestion.
- Votre horizon temporel : sur le long terme, les cotisations retraite du salariat font une vraie différence. Le dédommagement ne génère quasiment pas de droits à la retraite.
Simulez les deux options avec votre MDPH ou un assistant social avant de vous engager. Monka peut également vous aider à évaluer le meilleur montage selon votre situation.

Conclusion
La PCH est bien plus qu'une aide financière : c'est un outil de pilotage qui couvre l'aide humaine, les équipements, le logement, les transports et les charges liées au handicap. Pour l'aidant familial, elle offre deux voies de reconnaissance : le dédommagement (simple et défiscalisé) ou le salariat (mieux rémunéré et protecteur socialement). Le bon montage dépend de votre situation personnelle, familiale et professionnelle.
Avec environ 405 000 bénéficiaires en France et un taux de non-recours estimé à 35 %, beaucoup de familles passent encore à côté de cette prestation. Ne laissez pas la complexité administrative vous décourager.
Pour identifier toutes les aides auxquelles vous avez droit et trouver le montage le plus adapté, réalisez votre diagnostic personnalisé sur Monka en 10 minutes. Un parcours clair, guidé et immédiatement actionnable.
FAQ : Les questions les plus fréquentes sur la PCH
Quel est le montant maximum de la PCH pour un aidant familial ?
En 2026, le montant maximum du dédommagement est de 1 508,40 € par mois pour un aidant ayant cessé ou réduit son activité professionnelle (sur la base d'un plafond horaire de 7,28 €). Pour un aidant conservant son activité, le plafond est de 1 251,30 € par mois. En salariat (emploi direct), il n'y a pas de plafond spécifique au montant : la rémunération dépend du nombre d'heures accordées dans le plan de compensation, au tarif de 16,21 € brut de l'heure.
La PCH est-elle imposable ?
Pour l'aidant familial dédommagé, non : depuis le 1er janvier 2020, le dédommagement PCH est exonéré d'impôt sur le revenu et de CSG/CRDS. Il doit néanmoins être déclaré pour le calcul du revenu fiscal de référence. En revanche, si l'aidant est salarié via l'emploi direct, sa rémunération est soumise à l'impôt et aux cotisations sociales classiques. Retrouvez le détail des dispositifs dans notre article sur les aides fiscales pour les aidants.
Peut-on cumuler la PCH avec l'APA ?
Non. La PCH et l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) ne sont pas cumulables. Si votre proche est éligible aux deux, il devra exercer un droit d'option et choisir la prestation la plus adaptée à sa situation. En général, la PCH est plus avantageuse pour les personnes de moins de 60 ans en situation de handicap, tandis que l'APA s'adresse principalement aux personnes âgées en perte d'autonomie.


