Aides pour les aidants : pourquoi tant d'aidants passent à côté ?
Un mille-feuille administratif qui décourage
Les aides existent mais paradoxalement le taux de non-recours reste massif. Pour l'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie), le taux de non-recours varie entre 20 et 28 % selon les régions. Pour l'AJPA (Allocation Journalière du Proche Aidant), le taux de non-recours est bien plus élevé : plus de 70 % des aidants éligibles n'en bénéficient pas.
Pourquoi un tel gâchis ? Les freins sont multiples :
- La méconnaissance : il existe une dizaine d’aides et de droits différents. Beaucoup d'aidants ignorent jusqu'à l'existence de ces dispositifs
- La complexité : CAF, département, MDPH, employeur, impôts… Chaque aide a son guichet et son formulaire de demande.
- Le manque de temps : 23 % des aidants consacrent déjà plus de 5 heures par mois aux démarches
- La honte de demander : certains n'osent pas solliciter ce qu'ils perçoivent comme une « aide sociale »
Seulement 16 % des aidants ont déjà bénéficié d'un accompagnement administratif. L'obstacle principal n'est pas l'absence de soutien de l’aidant familial dans ses démarches. C'est le manque de lisibilité. Cet article est conçu pour vous la donner.
Vous ne savez pas quelles aides vous concernent ? Monka identifie en 10 minutes les dispositifs auxquels vous avez droit et vous accompagne dans les démarches.
Comment lire ce guide : aides pour le proche vs aides pour l'aidant
Les aides se divisent en deux grandes familles. Certaines aides financières s’adressent à la personne en situation de perte d’autonomie et d’autres à son proche aidant.
- Les aides destinées à votre proche : Ce sont des aides attribuées à la personne en perte d'autonomie ou en situation de handicap. Elles vous soulagent indirectement en finançant de l'aide à domicile ou en vous dédommagent pour l'aide que vous apportez. Parmi ces aides, on retrouve notamment l’APA, le dossier MDPH, la PCH.
- Les aides directement destinées à l'aidant : Ces dispositifs vous reconnaissent et vous protègent dans votre propre parcours. Dans cette catégorie, vous retrouvez par exemple le congé de proche aidant, l’AJPA, le droit au répit, l’assurance vieillesse et des aides fiscales.
Pensez-y comme un système à deux moteurs. L'un finance les besoins de votre proche. L'autre protège l'aidant que vous êtes. Les deux doivent tourner ensemble et la bonne nouvelle, c'est qu'ils sont cumulables dans la plupart des cas.
Ne cherchez pas « une » aide miracle. C'est la combinaison de plusieurs dispositifs qui change réellement la donne.
Vous ne savez pas quelles aides correspondent à votre situation ? Le diagnostic Monka identifie en 10 minutes les dispositifs auxquels vous avez droit.
Les aides destinées à votre proche (et qui vous soulagent indirectement)
L'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie) : financer l'aide à domicile de votre proche âgé
L'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie) est souvent la première aide à demander quand un parent âgé perd en autonomie. Elle s'adresse aux personnes de 60 ans et plus et dépend du niveau d’autonomie du bénéficiaire. Ce niveau d’autonomie est évalué par une équipe médico-sociale allant du niveau GIR 1 (totalement dépendant) au niveau GIR 4 (aide à la vie quotidienne).
Concrètement, l'APA finance l'aide à domicile, l’acquisition du matériel adapté et l'aménagement du logement pour répondre aux besoins de la personne afin de maintenir son autonomie.
L’APA peut servir à rémunérer un aidant familial, sauf s’il s’agit du conjoint, via le CESU (Chèque Emploi Service Universel). Elle peut également se cumuler au droit au répit.
La demande se fait auprès du Conseil départemental. Les montants varient selon le niveau de dépendance et les ressources. En 2026, l’APA peut atteindre :
- GIR 1 (dépendance totale) : jusqu'à 2 080,33 €/mois
- GIR 2 (grande dépendance) : jusqu'à 1 682,30 €/mois
- GIR 3 (dépendance partielle) : jusqu’à 1215,99 €/mois
- GIR 4 (aide au quotidien) : jusqu'à 811 €/mois
Le dossier APA vous semble complexe ? Monka vous accompagne étape par étape dans la constitution de votre dossier et vous oriente vers les bons interlocuteurs dans votre département.
Le dossier MDPH : la porte d'entrée pour le handicap et les maladies chroniques
Si votre proche est en situation de handicap et quel que soit son âge, la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) est le guichet unique à solliciter.
Le dossier MDPH concerne :
- Les personnes en situation de handicap,
- Les maladies invalidantes,
- Les troubles du neurodéveloppement (TSA, TDAH chez l'enfant)
- Les maladies chroniques graves.
Quelle différence avec l'APA ? La MDPH concerne le handicap et les maladies, sans limite d'âge alors que l’APA s'adresse uniquement aux personnes âgées en perte d'autonomie.
Il ouvre l'accès à de nombreux droits : taux d'incapacité, carte mobilité inclusion, RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) et surtout la PCH.
Le dossier MDPH est souvent perçu comme un « parcours du combattant ». Bien préparer son dossier MDPH est primordial car cela ouvre l’accès à des aides qui peuvent changer le quotidien.
La PCH (Prestation de Compensation du Handicap) : une aide directe et concrète
La PCH (Prestation de Compensation du Handicap) est une aide financière issue du dossier MDPH. Elle finance l'aide humaine, les aides techniques, l'aménagement du logement ou du véhicule.
La PCH peut servir à vous dédommager en tant qu’aidant familial au titre de l’aide humaine pour l'aide que vous apportez au quotidien à votre proche.
Ainsi, en tant qu’aidant familial, le montant du dédommagement en 2026 est de :
- Tarif normal (sans arrêt de votre activité) : 4,78 €/heure (dans la limite du plafond mensuel de 1 231,15 €)
- Tarif majoré (si vous réduisez ou cessez votre activité) : 7,16 €/heure (plafonné à 1 477,38 €/mois)
Ce dédommagement n'est pas un salaire (vous n’avez pas de contrat de travail), mais le montant est imposable au titre des bénéfices non commerciaux (BNC).
La PCH est soumise à certaines conditions selon votre situation. Cette aide ne peut pas se cumuler avec l’APA. Si vous êtes éligibles aux 2 dispositifs, vous pourrez choisir pour l’une ou l’autre aide sans que ce choix soit définitif.

APA, MDPH, PCH : vous ne savez pas par laquelle commencer ? Monka analyse votre situation et vous indique le dispositif prioritaire pour votre proche, puis vous accompagne dans la constitution du dossier.
Les aides directement destinées à l'aidant
Le congé de proche aidant et l'AJPA : libérer du temps sans tout perdre financièrement
Vous n'avez pas à choisir entre votre proche et votre emploi. Le congé de proche aidant vous permet de suspendre votre contrat de travail ou réduire votre temps de travail pour accompagner un proche.
Pour compenser la perte de revenus, l'AJPA (Allocation Journalière du Proche Aidant) vous verse 67,12 €/jour (en 2026) dans la limite de 66 jours par proche aidé. Depuis 2025, le dispositif est renouvelable pour jusqu'à 4 proches différents, soit 264 jours maximum sur la carrière.
Le congé de proche aidant est ouvert aux salariés, indépendants, fonctionnaires et demandeurs d'emploi.
Selon la situation de votre proche, notamment s’il est en fin de vie, vous pouvez également bénéficier du congé de solidarité familiale ou du don de jours de repos entre collègues.
Le droit au répit : souffler sans culpabiliser
Même si dans la plupart des cas, on culpabilise, le répit n'est pas un luxe. C'est une condition de durabilité. C’est pourquoi la loi ASV de 2015 reconnaît officiellement le droit au répit pour les aidants afin de prévenir les signes d’épuisement.
Concrètement, ce droit au répit permet de financer des solutions de relais comme un accueil de jour, un hébergement temporaire ou un relais à domicile. Depuis le décret d'août 2025, le baluchonnage (suppléance à domicile 24h/24) est pérennisé pour des durées de 2 à 6 jours consécutifs.
Une enveloppe spécifique d'environ 548 €/an est prévue dans le cadre de l'APA pour les aidants dont le plan d'aide est au plafond. Et environ 325 plateformes d'accompagnement et de répit existent en France (dont 275 plateformes de répit pour les séniors et 50 pour les personnes en situation de handicap).
Pourtant, moins de 10 % des aidants éligibles activent réellement ce droit. Souvent par manque d'information sur les conditions et les démarches pour en bénéficier.
L'assurance vieillesse des aidants (AVA) : protéger votre retraite
Aider un proche ne devrait pas pénaliser votre avenir. L'AVA (Assurance Vieillesse des Aidants) est un filet de sécurité trop souvent ignoré pour les aidants qui cessent ou réduisent leur activité afin d’aider un proche handicapé ou en perte d'autonomie.
Le principe : l'État cotise à votre place pour la retraite de base pendant les périodes où vous réduisez ou cessez votre activité pour aider un proche. En 2025, 453 millions d'euros sont consacrés par la CNSA à ce dispositif.
Ainsi, si vous avez réalisé les démarches pour obtenir l’AVA, les années d'aide ne sont pas synonymes de trimestres perdus et d’une retraite amputée.
Les aides fiscales : réduire la note quand on aide un proche
Plusieurs leviers fiscaux existent pour alléger votre charge financière. Les principales aides fiscales sont :
- Le crédit d'impôt pour l'emploi d'une aide à domicile : 50 % des dépenses dans la limite d’un plafond. Le crédit d’impôt permet d’alléger la charge pour l’aidant familial.
- La déduction des pensions alimentaires versées à un ascendant dans le besoin (hébergement en EHPAD, aide financière directe)
- L’abattement fiscal si vous hébergez un parent de plus de 75 ans
Ces dispositifs d’aides fiscales pour les aidants sont souvent ignorés alors qu’à eux seuls, ils peuvent représenter plusieurs centaines voire milliers d'euros d'économies par an.

Congé, répit, retraite, fiscalité : ces droits sont souvent les plus oubliés. Vérifiez en 10 minutes ceux auxquels vous êtes éligible et activez-les avant qu'il ne soit trop tard.
Comment savoir à quelles aides vous avez droit ?
Votre situation détermine vos droits : les critères clés
Trois variables clés déterminent les aides et les droits accessibles à l’aidant familial :
- Le profil de votre proche : son âge et sa situation de handicap
- Votre statut professionnel : salarié, indépendant, fonctionnaire, demandeur d'emploi, retraité
- L'intensité de l'aide : aide ponctuelle ou besoin d’un accompagnement quotidien
Ainsi, si votre proche a plus de 60 ans et perd son autonomie, vous commencez par l'APA alors que si votre proche est en situation de handicap vous choisirez plutôt la MDPH.
Si vous devez réduire votre activité professionnelle, les démarches sur le congé de proche aidant et l'AJPA vous concerneront sûrement.
Vous n'avez pas besoin de tout lire. Identifiez d'abord votre situation, puis plongez dans les articles qui vous concernent. Pour s'organiser au quotidien quand on est aidant, une vision claire de vos droits est le premier pas.

Monka : votre feuille de route personnalisée en 10 minutes
Naviguer seul dans ce mille-feuille administratif prend du temps et de l’énergie que vous n'avez pas. Le diagnostic Monka vous fait gagner du temps en identifiant pour vous les aides accessibles selon votre situation individuelle.
À partir de l’évaluation de votre situation, de celle de votre proche et de votre localisation, le diagnostic identifie les aides et droits accessibles avec un plan d'action personnalisé et priorisé. Car les aides varient selon le département, les revenus, le niveau de dépendance…
Cet article vous donne la carte. Monka vous trace l'itinéraire personnalisé.
Maintenant, à vous de jouer
Les aides pour les aidants familiaux existent. Elles sont nombreuses, souvent cumulables, et peuvent représenter un soutien financier significatif. Le vrai obstacle reste leur lisibilité.
En distinguant les aides destinées à votre proche (APA, MDPH, PCH) de celles qui vous sont directement adressées (AJPA, droit au répit, AVA, aides fiscales), vous avez désormais une grille de lecture claire. À vous de piocher selon votre situation.
Vous voulez aller plus vite ? Le diagnostic Monka identifie en 10 minutes les dispositifs auxquels vous avez droit et vous propose un plan d'action personnalisé. Pour les besoins importants ou complexes, vous pouvez bénéficier d’un accompagnement humain, de bilan infirmier et de coordination grâce à Monka. Parce que vous méritez d'être accompagné, pas de vous perdre dans la paperasse.
FAQ : Les questions les plus fréquentes sur les aides aux aidants
Quelles aides financières pour un aidant familial ?
Les principales aides sont : l'AJPA (67,12 €/jour en 2026), le dédommagement via la PCH (4,78 à 7,16 €/h), l'emploi rémunéré via l'APA (CESU), les aides fiscales (telles que le crédit d'impôt de 50 % pour l’aide à domicile), et l'assurance vieillesse des aidants (AVA) pour protéger votre retraite. Chaque aide a ses propres conditions d'éligibilité.
Peut-on cumuler plusieurs aides quand on est aidant ?
Oui, la plupart des aides sont cumulables car elles répondent à des besoins différents. Vous pouvez par exemple combiner l'APA pour votre proche, l'AJPA pour vous et bénéficier d'aides fiscales. Combiner les dispositifs est souvent la stratégie la plus efficace. Mais il existe toutefois des exceptions. Par exemple, vous ne pouvez pas être salarié par votre proche via l'APA ET percevoir l'AJPA simultanément. Il n’est pas non plus possible de cumuler l’APA et la PCH.
Comment demander de l'aide quand on est aidant familial ?
Vous devez tout d’abord identifiez votre situation (profil de votre proche, votre statut et l’intensité de l’aide nécessaire pour identifier les aides éligibles. Contactez ensuite les organismes pour entamer les démarches. Pour l’APA, le conseil départemental, la MDPH pour le handicap, la CAF pour l'AJPA, votre employeur pour le congé. Constituez le dossier avec les pièces justificatives. Les CLIC, CCAS et plateformes de répit peuvent vous accompagner. Le diagnostic Monka vous oriente vers les bons dispositifs en 10 minutes.
Quelle est la différence entre l'APA et la PCH ?
L'APA s'adresse aux personnes âgées de 60 ans et plus en perte d'autonomie alors que la PCH concerne les personnes en situation de handicap, sans limite d'âge. Les deux dispositifs financent de l'aide humaine, mais pas par le même organisme ni avec les mêmes critères. L'APA se demande au département, la PCH via la MDPH.


