APA : le guide complet pour faire la demande et obtenir l'aide de votre proche

Entre 20 et 25% des bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie n’en font pas la demande. Pourtant, parmi les aides existantes pour les aidants et leur proche en perte d’autonomie, l'APA reste la plus accessible et la plus décisive pour financer le maintien à domicile d'un parent âgé.

Si vous accompagnez un proche qui perd en autonomie et si vous faites partie des 58 % des aidants qui jugent les démarches administratives complexes, cet article va vous aider à y voir plus clair. Vous saurez si vous y avez le droit, quel montant vous pouvez espérer, comment constituer votre dossier et la marche à suivre pour déposer une demande d'APA.

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À retenir :
  • Pour bénéficier de l’APA, 3 conditions doivent être remplies : avoir 60 ans ou plus, être en perte d'autonomie (plus ou moins importante) et résider en France. L'APA est attribuée sans condition de ressources.
  • Le montant de l’APA varie selon le niveau de perte d’autonomie : en 2026, l’APA varie de 811 € (GIR 4) à 2 080 € par mois (GIR 1), avec un reste à charge nul si les revenus sont inférieurs à 934 €/mois.
  • Les démarches se font en 3 étapes : un dossier à déposer auprès du conseil départemental, suivi d'une visite d'évaluation à domicile puis d’une décision sous 2 mois.
  • Pour l'aidant, l’APA permet d’accorder un dédommagement et un droit au répit

Qu'est-ce que l'APA et à qui s'adresse-t-elle ?

L'APA en quelques mots : une aide pour rester chez soi malgré la perte d'autonomie

L'Allocation personnalisée d'autonomie (APA) est le pilier financier du maintien à domicile des personnes âgées en France. Créée en 2002 et versée par le conseil départemental, l’APA finance les dépenses liées à la perte d'autonomie.

L'APA permet de financer :

  • L'intervention d'une aide à domicile (Lien vers l’article Aide à domicile)(auxiliaire de vie, aide-ménagère)
  • Le matériel adapté (barres d'appui, chemin lumineux, siège de douche)
  • L'aménagement du logement
  • La téléassistance et le portage de repas
  • L'accueil de jour pour permettre des moments de répit

Il existe deux formes d'APA : l'APA à domicile (la plus courante) et l'APA en établissement (EHPAD, USLD). Cet article se concentre sur l'APA à domicile, celle qui vous concerne si votre proche vit chez lui.

Pour beaucoup de familles, c'est l’APA qui rend possible le maintien à domicile. Si votre proche a plus de 60 ans et perd en autonomie, c'est la première aide à envisager, bien avant de rechercher des services d’aides à domicile.

À noter : L'APA n'est pas récupérable sur la succession. Cette crainte, souvent exprimée par les familles, ne doit pas freiner votre demande.

Les 3 conditions pour bénéficier de l'APA

Les conditions d'éligibilité sont assez larges. Fin 2023, 1,36 million de personnes bénéficiaient de cette aide. Si votre proche âgé a des difficultés au quotidien, il y a de fortes chances qu'il soit éligible.

1. Avoir 60 ans ou plus

Il n'y a pas d'âge maximum.

Ainsi, si votre proche a moins de 60 ans et en situation de handicap, c'est la prestation de compensation du handicap (PCH) qu'il faut envisager, via un dossier auprès de la MDPH.

2. Être en perte d'autonomie évaluée GIR 1 à 4

Le GIR (Groupe Iso-Ressources) est une échelle de 1 à 6 qui mesure le degré de dépendance (1 étant le niveau de dépendance le plus élevé et 6 un niveau autonome). Le GIR est évalué lors de la demande d’APA. Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’Allocation.

Les GIR 5 et 6 correspondent à des personnes encore autonomes. Elles ne bénéficient pas de l’APA mais d'autres aides existent pour elles (aide ménagère de la caisse de retraite, CCAS).

3. Résider en France de manière stable et régulière

Il s’agit ici d’une condition de résidence, pas de nationalité.

Si votre père de 75 ans a besoin d'aide pour se lever, s'habiller et préparer ses repas, il relève probablement du GIR 3 ou 4. Seule la visite d'évaluation le confirmera, mais ces difficultés quotidiennes sont un signal clair pour déposer une demande. C'est gratuit et sans engagement.

condition apa

La grille AGGIR et les GIR : comprendre l'évaluation de la perte d'autonomie

Comment fonctionne la grille AGGIR ?

La grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources) est l'outil officiel utilisé lors de la visite d'évaluation à domicile. Elle permet de mesurer ce que votre proche peut faire seul au quotidien.

L'équipe médico-sociale du département évalue 17 variables réparties en deux catégories :

  • 10 variables discriminantes : ce sont elles qui déterminent le GIR. On y retrouve des critères concernant la cohérence, l’orientation, la toilette, l’habillage, l’alimentation, l’élimination, les transferts (se lever, se coucher, s'asseoir), déplacements intérieurs et extérieurs et communication à distance (téléphone, alarme).
  • 7 variables illustratives : elles n'entrent pas dans le calcul du GIR mais aident à construire le plan d'aide. Il s’agit de la gestion du budget, la cuisine, le ménage, le transport, les achats, le suivi du traitement médical et les activités de loisirs.

Chaque variable est cotée A, B ou C :

  • A : acte accompli seul, spontanément, totalement et correctement
  • B : acte accompli seul mais partiellement, de façon incorrecte ou non spontanée
  • C : acte non accompli seul

Il est conseillé d’être présent lors de la visite, afin de décrire le quotidien réel de votre proche. Beaucoup de personnes âgées minimisent leurs difficultés devant un professionnel. Votre témoignage est précieux pour une évaluation juste.

Les 6 niveaux de GIR : lequel correspond à votre proche ?

Le résultat de l'évaluation AGGIR classe votre proche dans l'un des 6 groupes iso-ressources (GIR).

  • GIR 1 : personnes alitées ou confinée au fauteuil dont les fonctions mentales sont gravement altérées et qui nécessitent une présence continue d'intervenants. C'est le niveau de dépendance le plus élevé.
  • GIR 2 : personnes dont les fonctions mentales sont altérées mais les fonctions physiques restent partiellement préservées ou inversement. Elles ont besoin d'aide pour la plupart des activités quotidiennes.
  • GIR 3 : personnes ayant conservé leur autonomie mentale et partiellement leur capacité à se déplacer, mais qui nécessitent plusieurs fois par jour une aide pour les soins corporels (toilette, habillage, élimination).
  • GIR 4 : personnes ayant besoin d'aide pour se lever ou se coucher mais qui se déplacent seules une fois debout ou des personnes sans problème de mobilité mais qui doivent être aidées pour les soins corporels et les repas. C'est le GIR le plus fréquent et souvent le stade où l'aidant familial commence à s'épuiser.
  • GIR 5 : personnes se déplaçant seules chez elles, s'habillant et s'alimentant sans aide, mais ayant besoin d'une assistance ponctuelle pour la toilette ou les tâches domestiques.
  • GIR 6 : personnes autonomes pour tous les actes essentiels de la vie courante. Elles peuvent avoir besoin d'une aide ponctuelle pour le ménage ou les courses.

Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l'APA. Les montants varient selon le niveau de dépendance mais même un GIR 4 ouvre droit à plus de 800 € par mois d'aide. Ne sous-estimez pas la situation de votre proche : si des difficultés quotidiennes existent, déposez une demande.

Les GIR 5 et 6 ne donnent pas droit à l’APA mais d’autres aides existent (notamment l’aide ménagère de la caisse de retraite, CCAS).

La réévaluation du degré de dépendance peut être demandée à tout moment si vous constatez une dégradation de la situation. Par défaut, la réévaluation se fait tous les 5 ans.

Quel est le montant de l'APA ?

Les plafonds mensuels par GIR (barème 2025)

L'APA est versée selon des plafonds mensuels qui dépendent du niveau de dépendance. Ils sont régulièrement revalorisés et peuvent être consultés sur le site du service public, ainsi au 1e janvier 2026, les montants ont été réévalués par rapport à 2025 et s’élèvent à :

  • GIR 1 (totalement dépendant) : 2 080,33 €/mois
  • GIR 2 (grande dépendance) : 1 682,30 €/mois
  • GIR 3 (dépendance partielle) : 1 215,99 €/mois
  • GIR 4 (aide à la vie quotidienne) : 811,52 €/mois

Ces montants sont des plafonds. Le montant réel dépend du plan d'aide établi lors de la visite d'évaluation de l’APA et des revenus du bénéficiaire.

Des majorations sont également possibles. L’aidant peut obtenir un droit au répit en supplément (jusqu’à 583,52€ / an) et si vous êtes hospitalisé, une majoration jusqu’à 1159,32€ est possible pour vous remplacer auprès de votre proche.

Comment est calculé le reste à charge ?

L'APA est attribuée sans condition de ressources, tout le monde peut donc la demander. En revanche, le bénéficiaire paie une participation progressive selon ses revenus.

Les règles de participation sont les suivantes :

  • Revenus inférieurs à 933,89 €/mois : aucune participation, l'APA est versée à 100 %
  • Au-dessus : participation progressive pouvant aller jusqu'à 90 % du plan d'aide pour les revenus les plus élevés
  • Pour les couples : les revenus des deux conjoints sont pris en compte, divisés par 1,7

L'APA est exonérée d'impôt sur le revenu. En revanche, votre reste à charge de l’APA peut ouvrir droit à un crédit d'impôt pour les aidants.

Par exemple, Marie, 85 ans, vit seule avec 1 200 € de revenus mensuels et son niveau de dépendant est évalué à GIR 4. Son plan d'aide s'élève à 500 €/mois. L'APA couvre 454 €, il reste 46 € à sa charge soit moins de 10 %.
Pour la majorité des personnes âgées, le reste à charge est faible voire nul. Ne laissez pas la question des revenus vous dissuader de faire la demande.

Comment faire une demande d'APA ? Les démarches étape par étape

Étape 1 : Constituer et déposer le dossier

La demande se fait auprès du conseil départemental du lieu de résidence de votre proche. La démarche peut se faire en ligne depuis le site du département, par courrier ou au Centre Communal d'Action Sociale (CCAS) de la mairie.

Pour constituer le dossier d’APA, plusieurs pièces sont à fournir :

  • Photocopie de la carte d'identité du bénéficiaire
  • Dernier avis d'imposition ou de non-imposition
  • RIB du bénéficiaire
  • Certificat médical (facultatif selon les départements mais il permet d’accélérer le traitement)

La demande peut être faite par le bénéficiaire lui-même ou un membre de son entourage. Vous pouvez donc déposer le dossier pour votre proche.

Privilégiez l’envoi d’un dossier complet car il sera traité plus vite. Les dossiers incomplets nécessitent des allers-retours qui rallongeront la procédure.

Étape 2 : La visite d'évaluation à domicile

Une fois le dossier déposé, une équipe médico-sociale du département se rend au domicile de votre proche. C'est le moment clé qui détermine le GIR et le plan d'aide.

Le professionnel évalue le degré de perte d'autonomie via la grille AGGIR et les besoins concrets. Depuis la loi ASV (Adaptation de la Société au Vieillissement), l'évaluateur examine aussi votre situation d'aidant : fatigue, besoin de répit. Il propose ensuite un plan d'aide personnalisé précisant les types d'aide, les heures, la fréquence et les prestataires.

Comment préparer la visite :

  • Soyez présent, votre témoignage est crucial
  • Ne minimisez pas les difficultés de votre proche (ni les vôtres)
  • Préparez une liste des difficultés quotidiennes concrètes. Ces détails concrets orientent l'évaluation vers un plan d'aide adapté.
  • Mentionnez les situations à risque : chutes, oublis de repas, errance nocturne.

Étape 3 : La décision et le premier versement

Le département dispose de 2 mois après réception du dossier complet pour notifier sa décision. Celle-ci est envoyée par courrier et précise l’attribution ou le refus de l’aide, le GIR retenu, le montant du plan d'aide et le reste à charge.

Le premier versement intervient le mois suivant l'attribution. Plusieurs modes de versement sont possibles : directement sur le compte du bénéficiaire, au service d'aide à domicile ou sous forme de CESU préfinancés.

Depuis mai 2024, les heures d'aide non utilisées peuvent être reportées sur une période de 6 mois permettant d’adapter l'aide aux besoins réels.

En cas d'urgence, une APA d’urgence forfaitaire de 1 040,17 € peut être débloquée rapidement en cas de dégradation soudaine, avant même l'évaluation complète.

Des recours sont possibles en cas de désaccord avec la décision du département. Vous disposez de 2 mois pour un recours administratif préalable obligatoire (RAPO), puis d'un recours contentieux devant le tribunal administratif.

Ce que l'APA change pour l'aidant familial

Être dédommagé ou salarié grâce à l'APA

L'APA peut permettre à l'aidant familial d'être reconnu et rémunéré pour l'aide qu'il apporte, avec de vrais droits sociaux.

Être salarié par votre proche via l'APA : le bénéficiaire peut vous employer comme aide à domicile avec un contrat de travail (CESU). Vous bénéficiez alors de congés payés, d'une couverture maladie et de cotisations retraite. Le CESU déclaratif simplifie toutes les démarches car il n’y a pas de bulletin de paie à établir manuellement.

Toutefois, vous ne devez pas être le conjoint, concubin ou partenaire de PACS du bénéficiaire de l’APA et vous ne devez pas être retraité ou à temps plein ailleurs.

Il est également possible d’être dédommagé via à la PCH. Pour les proches en situation de handicap, c'est la prestation de compensation du handicap (PCH) qui permet le dédommagement de l'aidant. C’est un dispositif différent à explorer si votre proche a moins de 60 ans ou a fait le choix de la PCH (qui ne se cumule pas avec l’APA).

Le droit au répit et la majoration aidant dans l'APA

L'APA intègre des mesures spécifiquement pensées pour vous soulager en tant qu'aidant.

L'enveloppe répit : une majoration du plan d'aide APA d'environ 583 € par an pour financer des solutions de répit (accueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile). Cette enveloppe est accessible lorsque vous êtes indispensable au maintien à domicile de votre proche, que personne ne peut vous remplacer et que vous avez besoin de souffler.

La majoration hospitalisation : si vous êtes hospitalisé, le plan d'aide peut être majoré jusqu'à 1 159 € par hospitalisation pour financer un relais pendant votre absence.

Lors de la visite d'évaluation, n'hésitez pas à exprimer vos propres besoins. L'APA ne concerne pas que votre proche, elle intègre des dispositifs qui vous protègent.

Conclusion

L'APA est une aide décisive pour financer le maintien à domicile de votre proche âgé. Les conditions sont accessibles, les montants significatifs et la démarche est gratuite. En tant qu'aidant, vous pouvez piloter cette demande du début à la fin et même bénéficier de dispositifs qui vous protègent (droit au répit, majoration hospitalisation).

Avec un taux de non-recours estimé entre 20 et 25 %, de nombreuses familles passent encore à côté de cette aide. Ne restez pas dans cette situation.

Vous ne savez pas par où commencer ? L'application Monka vous permet d'identifier en 10 minutes toutes les aides auxquelles vous et votre proche avez droit, et de construire votre feuille de route personnalisée.

FAQ : Les questions les plus fréquentes sur l'APA

Peut-on cumuler l'APA avec d'autres aides ?

Quelle est la différence entre l'APA et la PCH ?

Que faire si la demande d'APA est refusée ou si le montant est insuffisant ?

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