Pourquoi l'aidance est un enjeu RSE légitime
L'aidance, un défi sociétal que les entreprises ne peuvent ignorer
L'aidance n'est pas un problème individuel. C'est un phénomène de société massif que le vieillissement démographique va amplifier. Aujourd'hui, 1 salarié sur 5 est aidant et d'ici 2030, ce sera 1 sur 4.
Ces salariés aidants permettent le maintien à domicile de leurs proches et soutiennent un système de santé sous pression. Ignorer cette réalité revient à transférer le coût sur la société : arrêts maladie, perte de talents, désorganisation des équipes. Les coûts cachés de l'aidance salariée sont estimés à 31 milliards d'euros pour les entreprises privées françaises.
Le paradoxe est frappant : l'aidance concerne des millions de salariés, mais 55 % des entreprises reconnaissent ne pas savoir combien d'aidants elles emploient. Tant que ce diagnostic n'est pas posé, la responsabilité reste un mot vide.
L'aidance touche directement plusieurs objectifs de développement durable :
- Santé et bien-être (ODD 3),
- Égalité entre les sexes (ODD 5) car 60 % des aidants sont des femmes,
- Travail décent (ODD 8)
- Réduction des inégalités (ODD 10).
C'est pourquoi la Plateforme RSE de France Stratégie a formulé 24 recommandations pour que l'engagement auprès des salariés aidants s'inscrive pleinement dans la RSE des entreprises.
Les 3 piliers RSE de l'aidance
L'aidance coche les trois dimensions classiques de la responsabilité sociétale des entreprises.
Le pilier social touche directement la santé de vos collaborateurs notamment parce que 44 % des salariés aidants déclarent être en situation d'épuisement professionnel. Prévenir cet épuisement et adapter les conditions de travail, c'est agir concrètement sur la QVCT.
Le pilier sociétal positionne l'entreprise comme acteur de la solidarité nationale. Soutenir vos salariés aidants contribue au maintien à domicile des personnes dépendantes et renforce la cohésion sociale, c’est un engagement qui dépasse les murs de l'entreprise.
Le pilier gouvernance concerne la transparence. Intégrer l'aidance dans vos rapports extra-financiers, suivre des indicateurs dédiés, dialoguer avec vos parties prenantes : c'est structurer un engagement vérifiable.
Aidance et autres engagements RSE : une cohérence à construire
L'aidance n'est pas un engagement isolé. C'est un fil rouge qui renforce la cohérence de toute la stratégie RSE de votre entreprise.
Le lien avec l'égalité femmes-hommes est direct : les femmes aidantes travaillent plus souvent à temps partiel (35% des femmes aidantes sont à temps partiel contre 24% des aidants tout genre confondu et 28% des femmes non-aidantes). Elles renoncent davantage à des promotions. Ignorer cette réalité fragilise toute politique d'égalité professionnelle.
Le lien avec la politique handicap est tout aussi évident. Une entreprise engagée sur le handicap qui ignore l'aidance crée une incohérence. L'aidance s'articule également naturellement avec la prévention des RPS (risques psychosociaux) et votre démarche QVCT.
Aidance et marque employeur : les bénéfices concrets
Attractivité : se différencier sur le marché du recrutement
64 % des candidats considèrent les engagements RSE comme un facteur important dans leur choix d'employeur. Et 79 % des salariés affirment être plus fidèles aux entreprises ayant une démarche RSE solide.
L'aidance touche particulièrement les profils expérimentés de 40 à 60 ans. Ce sont souvent des managers et des experts difficiles à recruter. Pour ces talents, la reconnaissance de l'aidance n'est pas un « plus » : c'est un critère de choix et votre marque employeur peut fortement aider au recrutement.
Très peu d'entreprises communiquent sur ce sujet. C'est là que réside l'opportunité. Un label comme le Cap'Handéo « Entreprise engagée salariés aidants » offre une reconnaissance officielle visible sur vos supports de recrutement.
Fidélisation : retenir vos meilleurs éléments
Perdre un cadre expérimenté coûte entre 6 et 9 mois de salaire en recrutement, intégration et perte de productivité. Les études concernant les aidants montrent que 20% d’entre eux, dans le secteur privé, craignent d’être contraints de quitter leur emploi. Retenir ces talents grâce à une politique aidants structurée représente un ROI direct .
Un salarié aidant soutenu développe un fort attachement. Imaginez Marie, manager de 52 ans, aidante pour ses parents. Elle pourrait refuser une offre concurrente parce que son entreprise lui permet du télétravail prioritaire et un accompagnement structuré. Marie ne partira pas et elle en parlera autour d'elle.
Ces salariés-ambassadeurs sont votre meilleur outil de marque employeur. Leur témoignage authentique auprès de leur réseau pèse bien davantage qu'une campagne de recrutement classique. La fidélisation des talents passe par la reconnaissance : communiquer sur votre politique aidants, c'est dire à vos talents « on vous voit, on vous soutient ».
Réputation : une image d'employeur humain et responsable
L'engagement aidants renforce votre image employeur sur plusieurs plans. Votre entreprise est perçue comme attentive aux situations de vie réelles, pas seulement aux indicateurs de performance. Dans les classements employeurs et sur les plateformes comme Glassdoor, ce type d'engagement génère des témoignages positifs spontanés qui pèsent davantage qu'une campagne institutionnelle.
Sur le plan de la performance extra-financière, votre score ESG est amélioré grâce à l’accompagnement des aidants. C’est un critère scruté par les investisseurs et les partenaires. Les articles de presse, les mentions sur les réseaux sociaux et les prises de parole en conférence RH constituent un earned media dont la valeur publicitaire est mesurable.
L'effet halo est réel : une bonne réputation employeur améliore aussi la préférence de marque côté client. C’est un signal fort de responsabilité sociale de soutenir les aidants présents dans l’entreprise. C’est quelque chose qui ne se fabrique pas, cela se démontre.

Comment valoriser votre politique aidants dans votre stratégie RSE
Étape 1 : structurer une politique aidants solide
La communication RSE sans fondation, c'est du social washing. Avant de valoriser, il faut construire.
Commencez par quantifier : combien de salariés aidants ? Quels niveaux de vulnérabilité ? Quels impacts sur l'absentéisme ? Seulement 25 % des DRH déclarent avoir évalué les coûts cachés liés à l'aidance. Sans diagnostic, pas de politique crédible.
Ensuite, mettez en place les dispositifs légaux tels que le congé de proche aidant, le don de jours ou encore le CET et déployez des dispositifs complémentaires : flexibilité horaire, accompagnement personnalisé, formation des managers.
Enfin, mesurez les résultats. Ce sont ces chiffres que vous valoriserez.
Vous ne savez pas par où commencer ? Un diagnostic Monka cartographie vos salariés aidants en 10 minutes par collaborateur et produit un rapport DRH avec indicateurs clés et feuille de route priorisée.
Étape 2 : intégrer l'aidance dans vos supports RSE
L'aidance doit être visible dans tous vos supports, ce ne doit pas être une mention en passant :
- Rapport RSE / DPEF : consacrez un volet dédié à l’aidance avec des indicateurs chiffrés (nombre d'aidants identifiés, taux d'utilisation des dispositifs, évolution de l'absentéisme).
- Site carrière : créez une page « engagements aidants » avec témoignages et chiffres.
- Offres d'emploi : mentionnez votre engagement (« Entreprise engagée pour les aidants »).
- Réseaux sociaux : relayez vos actions régulièrement, notamment autour de la Journée nationale des aidants (6 octobre).
Étape 3 : obtenir des labels et reconnaissances externes
Le label Cap'Handéo « Entreprise engagée salariés aidants », porté par Handéo, KLESIA et l'Agirc-Arrco, est la référence en France. Cité dans les recommandations de France Stratégie, il est accessible aux entreprises de toute taille et offre une preuve tierce qui crédibilise votre engagement auprès des candidats, salariés et investisseurs.
Votre politique aidants peut aussi être un critère différenciant dans les évaluations Top Employer, Great Place to Work ou B Corp et enrichir votre dossier auprès des agences de notation ESG.
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Étape 4 : communiquer en interne et en externe
La meilleure communication RSE donne la parole aux bénéficiaires réels. En interne, vos salariés doivent d'abord connaître les dispositifs existants. Un salarié aidant qui ignore que son entreprise propose un accompagnement dédié est un échec de communication.
Formez vos managers au repérage des signaux faibles du présentéisme notamment, animez des temps de sensibilisation lors de la Journée nationale des aidants et créez un espace où les aidants volontaires peuvent témoigner.
En externe, misez sur le storytelling authentique : témoignages vidéo de salariés aidants (avec leur accord), posts LinkedIn, prises de parole en conférences RH. L'objectif n'est pas de faire du marketing lisse mais de montrer une réalité humaine que vous prenez en charge concrètement.
Le message doit être identique en interne et en externe. C'est cette cohérence qui distingue un engagement RSE crédible d'une opération de communication.
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Mesurer l'impact sur la marque employeur
Les indicateurs clés à suivre
Pour convaincre votre COMEX, vous avez besoin de KPIs précis : volume et qualité des candidatures sur les profils 40-60 ans (avant/après communication), taux d'acceptation des propositions d’embauche, turnover des aidants identifiés, score d'engagement dans les enquêtes internes, notoriété employeur sur Glassdoor et dans les classements.
Côté fidélisation, comparez le taux de départ des aidants accompagnés avec celui des non-aidants. Mesurez l'ancienneté moyenne et le pourcentage de salariés aidants qui recommandent l'entreprise à leur réseau. Un aidant soutenu devient votre meilleur ambassadeur et quantifier cet effet donne du poids à votre argumentaire budgétaire .
81 % des DRH voient le soutien aux aidants comme un levier de performance. Ces indicateurs vous permettent de le démontrer.
ROI réputationnel : comment le calculer
Le ROI réputationnel peut sembler difficile à chiffrer mais cela est possible.
Par exemple, vous pouvez calculer le coût d’un recrutement avant et après communication RSE.
Concrètement, si avant votre communication RSE-aidance, le coût moyen de recrutement d'un cadre est de 15 000 € et qu’après déploiement de la communication, votre attractivité renforcée le réduit à 12 000 €, alors le coût de recrutement de cadre s’est réduit de 20 %.
Sur 50 recrutements par an, c'est 150 000 € d'économies.
Pour calculer le retour sur investissement de votre politique aidants de manière plus fine, vous pouvez ajouter la valeur du earned media et l'amélioration de votre notation ESG.
Conclusion
L'aidance n'est pas qu'un sujet RH interne. C'est un enjeu RSE stratégique qui, correctement valorisé, devient un puissant levier de communication marque employeur. Les entreprises qui communiquent avec authenticité sur leur soutien aux aidants se différencient durablement.
Trois clés pour atteindre vos objectifs : construire une politique fondée sur des données mesurables, valoriser dans tous vos supports RSE et mesurer l'impact pour prouver le ROI. L'aidance est le nouveau territoire RSE différenciant, les entreprises qui s'en emparent maintenant prennent une longueur d'avance.
Monka accompagne les entreprises du diagnostic au reporting d'impact. Demandez votre diagnostic pour cartographier vos salariés aidants et structurer une démarche valorisable dans votre stratégie RSE.
FAQ
Pourquoi l'aidance est-elle un enjeu RSE pour les entreprises ?
L'aidance touche les trois piliers de la RSE : social (santé des salariés), sociétal (contribution au maintien à domicile) et gouvernance (transparence des indicateurs). Avec 1 salarié sur 4 concerné d'ici 2030, c'est un enjeu de société qu’un employeur responsable doit intégrer. La Plateforme RSE de France Stratégie a formulé 24 recommandations en ce sens.Your privacy is our top priority. Healix uses advanced encryption to protect your data, and you have full control over.
Comment valoriser sa politique aidants dans sa communication RSE ?
Quatre étapes : structurer une politique avec des résultats mesurables (diagnostic, dispositifs, indicateurs), intégrer l'aidance dans tous vos supports RSE (DPEF, site carrière, offres d'emploi), obtenir des labels reconnus comme le Cap'Handéo et communiquer de manière cohérente en interne et en externe en donnant la parole aux salariés aidants.
Quel est l'impact de la politique aidants sur la marque employeur ?
L'impact se mesure sur trois axes : attractivité (différenciation sur les profils 40-60 ans), fidélisation (réduction du turnover des aidants, dont 20 % craignent de quitter leur emploi) et réputation (amélioration du score ESG et de l'image d'employeur responsable). Ces effets se chiffrent via des KPIs dédiés.


