Aidant, comment faire pour limiter sa culpabilité ?

En tant qu’aidant, vous êtes souvent la seule personne de confiance sur laquelle votre proche peut compter ; bien souvent, vous êtes également la seule personne qui lui vient en aide. Ceci représente une grande responsabilité : concrètement, pour que tout se passe pour le mieux à tout niveau, mais également, moralement, pour penser à tout. Cette lourde charge mentale ainsi que ces responsabilités qui vous incombent sont souvent une source de culpabilité pour l’aidant. Alors, quelle est la solution pour limiter cette culpabilité ?

4/7/2022

Pourquoi l’aidant culpabilise-t-il et quelle est la solution ?

Différentes raisons amènent l’aidant à culpabiliser ; bien souvent, ces raisons ne méritent pas un tel sentiment de culpabilité de la part de l’aidant. Le dictionnaire nous offre une définition de la culpabilité qui nous le confirme :

« La culpabilité est un sentiment de faute ressenti par un sujet, que celle-ci soit réelle ou imaginaire. »

Alors, quels sont les éléments qui font culpabiliser les aidants ?

Culpabiliser de ne pas en faire assez

Le rôle d’aidant prend énormément de temps, il s’agit d’un véritable investissement au quotidien qui exige que l’on conjugue vie personnelle, vie professionnelle et vie d’aidant. Malgré tous vos efforts, vous pouvez avoir l’impression de ne pas en faire assez, de ne pas être assez disponible. Vous ne pouvez ni nous diviser en plusieurs parties et vous trouver à différents endroits à la fois ni rallonger les journées de 24h.

De plus, plus votre proche perdra en autonomie au fil du temps, plus il y aura de tâches à effectuer (démarches administratives, gestion administrative et/ou financière, repas, courses, toilette, etc.). L’aidant souhaite bien sûr pouvoir tout faire, mais cela est impossible et il culpabilise.

La solution pour plus de disponibilité auprès de votre proche aidé

Même s’il ne s’agit pas de vos propres disponibilités, vous pouvez faire appel à un aidant professionnel pour diminuer votre charge de travail auprès de votre proche. Les aidants professionnels sont là pour apporter de leur temps aux personnes en perte d’autonomie. Cela ne vous empêchera pas de venir en aide à votre proche, mais vous permettra d’en faire moins ; vous aurez l’esprit tranquille, car tout sera fait en étant réparti entre vous et l’équipe de professionnels.

Culpabiliser de n’être pas assez patient envers votre proche

Les personnes âgées peuvent paraitre pénibles par moments : pertes de mémoire, incompréhensions, situations qui leur sont stressantes, attachement à certaines habitudes… L’aidant fatigué et lui aussi, stressé, peut parfois perdre patience. En tant qu’aidant, vous gérez souvent seul et pouvez vous emporter face à une réaction ou à une exigence de votre proche. Résultat : vous culpabilisez ensuite de ne pas avoir su prendre du recul ou rester calme.

La solution pour garder son calme

Pour trouver une solution à ce problème de perte de contrôle, il vous faut identifier la cause de votre réaction. Si vous vous rendez compte que vous êtes trop fatigué, voire épuisé, il est temps de passer le relai : vous faire seconder par une tierce personne au quotidien, ou bien profiter de vacances (répit de l’aidant) et vous faire remplacer durant une courte période.

Réfléchissez de quelle manière vous pourriez répartir les tâches entre vous et un aidant professionnel, comment vous pourriez améliorer votre sommeil ou votre manière de vous alimenter, comment vous pourriez aménager votre planning professionnel, etc. Mieux reposé, vous aurez bien plus de facilités à rester calme et à faire preuve de patience.

Culpabiliser de ne rien pouvoir faire face à la maladie

Vous pouvez vous sentir coupable de ne pas pouvoir offrir une solution efficace à votre proche quant à sa maladie, son handicap ou encore sa perte d’autonomie régulière. Cela ne sert à rien de culpabiliser, car vous ne pourrez rien y changer ; ce n’est pas comme pour la perte de patience pour laquelle vous pourrez trouver une solution adaptée. Lutter contre la maladie ou la perte d’autonomie vous fera perdre beaucoup d’énergie et vous fatiguera encore plus.

La solution pour mieux accepter la situation

Certains exercices vous permettront de vous entrainer à vous concentrer sur les aspects positifs de la situation ou de votre vie en général.Lutter contre la maladie de votre proche entretient cette négativité. Détournez votre esprit de ces ondes négatives : chaque soir, notez 3 choses positives qui vous sont arrivées ou qui font partie de votre vie et concentrez-vous sur ces choses, afin d’atténuer l’impact des éléments négatifs.Pratiquez une activité apaisante pour vous recentrer sur le moment présent et tenter d’éliminer toute source de frustration. Si besoin, tournez-vous vers un thérapeute pour en parler.

Culpabiliser de ne pas assumer seul la charge de l’aidé

Cela rejoint un peu le sentiment de ne pas en faire assez.Les aidants qui font appel à des intervenants professionnels extérieurs culpabilisent souvent en se sous-estimant ; ils pensent qu’ils ne sont pas capables de le faire seuls. Ils s’en veulent de devoir faire intervenir des étrangers auprès de leur proche voire même parfois de devoir les envoyer séjourner dans un EHPAD.

La solution pour accepter l’aide d’aidants professionnels

Tout d’abord, gardez en tête que le fait de se faire aider par une équipe médicale est une très bonne décision à la fois pour vous et pour votre proche : les actes sont réalisés médicalement sans aucun risque, tous les acteurs de la situation sont préservés physiquement et moralement. Quant aux personnes âgées, n’hésitez pas à échanger longuement avec elles pour qu’elles comprennent vraiment votre ressenti et votre décision. Les intervenants professionnels peuvent avoir les mots qu’il faut pour l’expliquer objectivement à votre proche qui évite l’accident, qui a toujours quelqu’un pour lui venir en aide en cas de besoin.

Culpabiliser de penser à soi

Si vous êtes aidant, vous avez forcément ressenti ce sentiment de culpabilité au moins une fois lorsque vous avez pris l’initiative de penser un peu à vous. Que cela soit pour vous reposer, pour ne rien faire, pour pratiquer une activité qui vous fait du bien ou voir vos proches, les aidants culpabilisent de ne pas donner de ce peu de temps libre à leur proche et de le garder pour soi. Alors que de penser à soi est la meilleure solution pour s’épanouir et mieux s’occuper de son proche.

La solution pour penser à soi sans s’en vouloir

Penser à soi est indispensable pour garder le moral, pour vous sentir bien (ou mieux), pour conserver un bon état de santé moral, mais, aussi physique. En effet, le rôle d’aidant est éprouvant physiquement et il est important de mettre son corps au repos de temps en temps. À force de ne pas récupérer d’énergie, vous allez vous épuiser ; cela peut même mener auburn-out et là, vous ne pourrez plus du tout vous occuper de votre proche !

Culpabiliser d’aller contre la volonté de son proche

Le cas le plus fréquent est d’avoir promis à votre proche qu’il n’irait jamais en EHPAD. Vous lui aviez promis cela à un moment donné dans un contexte qui n’était pas le même. Les choses évoluent et devoir placer votre proche en EHPAD s’avère parfois un choix difficilement contestable. Malgré cela,  vous culpabilisez, car vous avez le sentiment de rompre cet engagement.

La solution pour mieux vivre le placement en EHPAD

Avant toute chose, avez-vous tenté de vous faire aider ? Monka propose des solutions aux aidants afin de les aider à maintenir leur proche âgé le plus longtemps possible à domicile . Différentes formules vous sont proposées selon vos besoins et cela vous permet de déléguer certaines tâches tout en maintenant votre promesse. Si cela n’est vraiment pas possible, vous pouvez vous faire aider de professionnels formés à la communication qui sauront trouver les mots afin d’expliquer la situation à votre proche.

Culpabiliser d’être gêné de sortir avec son proche en perte d’autonomie

Si nous devions le dire plus grossièrement, bon nombre d’aidants ressentent une gêne, voire parfois de la honte, lorsqu’ils sont amenés à se rendre à un endroit avec leur proche. En effet, de par la maladie, le handicap ou tout simplement, avec l’âge avançant, votre proche ne se tient peut-être parfois pas convenablement en public, n’adopte pas les bonnes manières ou agit bizarrement. Dans ces cas-là, vous ressentez de la honte et êtes très mal à l’aise et cela vous fait forcément culpabiliser. De plus, bien souvent, il s’agit d’un parent, d’un conjoint.

La solution pour être plus à l’aise lors d’une sortie

Bien souvent, si les aidants sont gênés lors d’une sortie avec leur proche vieillissant, c’est à cause du regard et du jugement des autres. Avez-vous tenté de vous rendre dans des lieux moins fréquentés ?Avez-vous essayé de sortir à d’autres horaires ? Parfois, un simple changement d’habitudes suffit à mieux vivre une situation gênante.

Dernier recours : organisez des visites à domicile au lieu de sortir, faites les achats de votre proche sur internet au lieu de vous rendre en magasin… Cependant, il est indispensable de tout mettre en œuvre afin que l’aidé puisse continuer à faire des sorties, à voir du monde et à avoir, si possible, une activité divertissante.

Si vous souhaitez échanger avec des professionnels du monde de l’aidance, vous pouvez contacter Monka qui saura vous guider et vous proposer les meilleures solutions adaptées à votre situation. Parce qu’aider est notre métier, nous saurons vous conseiller pour améliorer votre situation d’aidant et celle de votre proche et limiter votre culpabilité.